Aviation civile, une administration dans Paris , 1919-2009 - Pierre Lauroua - DGAC, Collection mémoire de l'aviation civile - page 146

1945, la Météorologie nationale
Après-guerre, la Météorologie prend la question des locaux
à bras le corps et construit sa cité en trois ans. Commencent
alors trente années marquées par la longévité des dirigeants,
tradition héritée de l’ONM, mais aussi par une dépendance
de l’Aviation civile qui ne disparaîtra que très progressivement
après la séparation de 1976.
A
près-guerre, les services de la Météorologie de métro-
pole et d’outre-mer sont unifiés par l’ordonnance n°45-
2665 du 2 novembre 1945, avec la création du corps des
ingénieurs de la météorologie (IM) et de celui d’ingénieurs des
travaux de la météorologie (ITM), qui relèvent du ministère de
l’Air. Le 21 novembre, la Météorologie, Office national depuis
1920, devient le service de la Météorologie nationale, toujours
rattaché au ministère de l’Air. Elle acquerra le statut de direction
le 31 août 1960, lors d’une réorganisation du SGAC.
Peu après, le 22 décembre, les attributions du ministre de l’Air en
matière d’aviation civile sont transférées au ministre des Travaux
publics et des Transports ; les services transférés par la même
occasion sont la direction des Transports aériens, la direction des
Installations et Travaux de l’air et le service de la Météorologie
nationale, que dirige André Viaut.
Pénurie de locaux
En 1945, la Météorologie nationale souffre d’une insuffisance de
locaux. Elle est installée depuis 1887 dans une partie de l’ancien
Hôtel des écuries de l’Alma, donnant sur la rue de l’Université ;
André Viaut obtient en 1945 l’autorisation d’y occuper temporai-
rement des espaces supplémentaires.
La Météorologie est également implantée au Fort de Saint-Cyr et
à Trappes, mais elle ne dispose plus des locaux du Mont Valérien.
Elle occupe par ailleurs des appartements réquisitionnés dans
un immeuble d’habitation au 91-93, quai d’Orsay, c'est-à-dire à
proximité de la rue de l’Université, de l’autre côté de l’actuelle
place de la Résistance.
André Viaut (1899-1973)
Entre en 1920 à l’Office national météorologique. Chef de la
section de prévisions en 1932. Effectue la protection météoro-
logique de grands raids internationaux dans les années trente,
notamment celle de la première traversée de l’Atlantique nord
d’est en ouest réalisée par Costes et Bellonte en 1930. Chef
du service central de l’exploitation en 1939. Dirige la station
centrale de Lyon-Caluire de septembre 1940 jusqu’à son ex-
pulsion par les Allemands en décembre 1942. Affecté à Paris
comme adjoint au chef du service des Instructions aéronau-
tiques en 1943-1944. Nommé président du comité provisoire
FFI de direction de l’ONM le 19 août 1944, puis directeur de
l’ONM, par intérim le 28 août et de façon définitive en jan-
vier 1945. Reconstitue le réseau météorologique national,
puis prépare les textes de novembre 1945 portant unification
des services de la Météorologie
 1
et organisation du service
de la Météorologie nationale dont il devient le chef, puis le
directeur en 1960, poste qu’il occupe jusqu’en 1964. Dote la
Météorologie de nouveaux locaux, du premier calculateur
électronique et du premier centre de réception des satellites
météorologiques. Assure son adaptation aux besoins crois-
s de l’aviation et à des usagers de plus en plus diversifiés.
-président puis président de l’Organisation météorolo-
e mondiale de 1955 à 1963.
1. Travail déjà entrepris par M. Wehrlé à Vichy et qui déboucha sur une loi du 16 mars 1944
publiée au J.O. du 1
er
juillet 1944.
146
1...,136,137,138,139,140,141,142,143,144,145 147,148,149,150,151,152,153,154,155,156,...452